WLG Festival : note salée pour l’éditon 2016 !

le

Si les années précédentes, les éditions de WLG nous avaient séduites par le lieu à Bagatelle, leur contenu trop de la balle et par l'écoute des organisateurs à notre égard, voilà une édition qui fait replonger la réput' du fest au rang d'amateurs !

À la base, aller à WLG, c'est l'occasion de passer un bon moment champêtre-schtroumpf, dans un festival à taille humaine. We Love, c'est avant tout un festival vert, écolo-responsable, un endroit chic et bobo, où tu viens chiller, écouter de la bonne musique, manger des trucs pas communs, avec ta famille et tes ami-e-s dans une ambiance toilettes sèches qui puent pas et détente à tout azimut.

Ouais, bah cette année on repassera sur le chill. Si la programmation envoyait clairement du pâté, l'organisation, la prestation, le lieu, les bugs, la météo, les problèmes persos, et les volontaires en déficit : tout portait à croire que le dieu du fun (Bacchus dirait certains) avait décidé de punir les festivaliers, seule explication de l'incompétence chronique des organisateurs de WLG et de leur incapacité maladive à répondre aux questions pertinentes du commun des mortels (aka les festivaliers qui ont payés pour kiffer.)

On exagère ? à peine.
Franchement, qui se moque de la boue et de la pluie ? Tout le monde. Déjà parce que pluie, il n'y aura pas eu, et gadoue, il y aura eu et à foison, sans pour autant compromettre l'état d'esprit des kiffeurs les plus endurcis.

Une photo publiée par @__venividivicky__ le

Qu'on mette les choses au clair direct : nous n'en voulons pas à WLG pour le temps passablement grisâtre de samedi et mi-figue, mi-cuite, mi-lourd de dimanche.
On est parisienne, pas teubée, et on sait pertinemment que le temps n'a fait que freiner le montage des scènes, du terrain et de tous les à-côté. Là où le bat plus que blesse, c'est dans la communication approximative de l'équipe et dans son manque d'efficacité et de clarté. Voire même manque de cohérence parfois.

Malgré la promesse des têtes d'affiche qu'on ne présente plus (PJ Harvey, LCD Soundsystem, Diplo, Savages, Fetty Wap, Hop Chip, etc.) et des plus petits loulous (Mura Masa, FKJ, Son Little) qui font tout autant plaisir à voir comme à entendre, le name dropping n'arrivera pas à lui tout seul à remonter le festival qui coule, qui coule, embourbé dans la gadoue et les erreurs amateurs, qui auront eu la peau de nombreux festivaliers, déçu-e-s de cette première journée compliquée.

Pour aller plus vite, on va faire une liste, parce que si non on va pas s'en sortir, dans l'ordre d'apparition des incongruités les plus totales en ce weekend de WLG :

Le fameux cashless

Prévenir les festivaliers 2 jours avant que WLG est désormais 100% cashless. Tout en arguant que le mieux est encore de prendre une carte Cashless (à payer 1€), à remplir sur le net ou aux bornes afin de profiter des stands du festival. Alors que les CB sans contact ou encore les applis avec les QR codes existent...

Envoyez du jus !

Après la boue qui à mis à mal l'ouverture du festival (-3h dans ta tronche), les machines à bracelet des pass deux jours qui ne marchent pas. Tout ça pour qu'au final un type finisse par bêtement brancher la prise...

404 not found

Après la machine à bracelet, les stands pour recharger sa carte Cashless qui ne marchent pas, parce que le serveur crash sans arrêt. Alors que pour récupérer la consigne des gobelets, si t'as pas de carte c'est mort. Vu qu'ils ont pas de cash. On se croyait sur le site de Digitick, un jour de réservation du concert de Beyoncé, serieusement.

Le racket des ecocup

Après le cashless, les bars à bière qui prennent 1€ de consigne à chaque fois qu'on veut acheter/remplir son verre. Sachant que si tu fais que remplir ton verre et que t'en demandes pas de nouveau, tu perds 1€ pour la gratuité du geste (si le serveur était malhonnête teubé.)

Etat d'urgence mon cul

Les agents à l'entrée qui ne fouillent pas. Et vu le contexte historique de la France en ce moment, c'est parfaitement irresponsable.
En revanche ils te demandent si t'as une bouteille d'eau. Parce que pour le reste on te fouille pas indeed.
Sauf pour les sandwiches. Et les gâteaux. Et d'autres consommables que certains se sont vu refuser à l'entrée le samedi, sous cause de "il faut consommer à l'intérieur".
On en parle du gaspillage alimentaire que ça occasionne ? Sur d'autres festivals je dis pas, mais là on parle de WLG, supposément sans gaspillage et pour l'awareness de l'environnement, enfin !

Paye ta salade

Jeter les sandwiches pour proposer des salades à 10€, des quinoa à 12€ et pas assez de poubelles à tri alors que bon, on est dans un fest écolo... si c'est pas à We Love Green qu'on devrait trouver des poubelles de tri, moi j'ai plus rien compris...

Lost in translation

Ne pas bien indiquer les choses sur place, alors même que la boue rend les déplacements parfois difficiles. Ne pas communiquer les nouvelles timeline avant l'ouverture le matin. Ne pas avoir pensé que finir tous les concerts à la même heure serait un véritable problème surtout vu le peu de navettes prévues.

Paye ton seum

Supprimer des artistes, sans prévenir, et avec, on suppose, une politique de non remboursement.
Je pense à L'impératrice et aux Fils du Calvaire, vu que Fetty Wap avait un problème personnel, ce n'est pas de la faute du fest, mais les deux autres, un peu quand même.

Paye ton uber

Ne pas avoir demandé de rallonge de navettes le samedi alors que tout le monde est resté voir LCD Soundsystem, et qu'en sortant, après avoir enfoncé les clôtures, les gens se sont retrouvés dans les bois à essayer de retrouver leur chemin pour trouver des métros fermés et les navettes parties... Tout ça sans aucune sécurité dans le coin, et avec très peu de bénévoles pour aider et aiguiller.

Ambiance Naked and Afraid mais pas vraiment cool. On compatit pour les gens qui se sont mangés 90€ de Uber...

Et le dimanche ? Ma foi au top, forcément quand tu t'attends au pire, tu ne peux qu'être heureux que ça se passe normalement. Beau temps, toujours aucune fouille à l'entrée (non parce que me demander "avez vous une bouteille" n'est pas constitué comme une fouille, scuzer...), concerts au top du tip top de Savages, James Blake, Air, Diploooooooo,  Keleka et PJ Harvey.
Si on a regretté de pouvoir chill en écoutant du son : carrément. Est-ce qu'on ira plus si c'est toujours à Vincennes ? À voir.

 

Alors qu'on sait qu'il est venu 26k festivaliers le samedi et 21k le dimanche, nous savons aussi que bon nombre n'auront plus envie de venir à WLG, alors même que la programmation tenait la route (sauf PNL, pitié) et que les conditions météos n'ont fait qu'exacerber les frictions et compliquer les délais de livraison des éléments du festival et de la mise en activité des scènes (LalaLand par exemple n'a pu ouvrir que fin samedi, rendant le site encore plus noir de monde). On avait l'impression d'être dans une fourmilière géante, sérieusement.

Bilan, WLG 2016 aura couté très cher aux organisateurs (+150.000€ de subvention en plus que le budget de 3.3 millions d'euros), des festivaliers mécontents qui ne retiendront pas grand-chose mis à part le prix, les gros concerts de fin de journée, le scandale pour rentrer et les manquements nombreux pour la sécurité de tous et toutes.

We love devra mettre la barre haute pour reconquérir le cœur d'une partie de son public, qui s'est sentit bafoué, volé, pompe-à-friqué, à tord où à raison, cela reste à voir. Mais sachant qu'on parle d'un des festivals les plus chers de Paris, à ce niveau on peut dire que le client à toujours raison !

Pour aller plus loin : la playlist des loulous présents à WLG. Parce que, malgré ces galères, le plus important c'est la musique (dans la peau !)