Daughter revient à la Gaité Lyrique [Review]

Daughter est revenu à Paris en force, ce samedi 30 janvier à la Gaîté Lyrique, date qui marque le début de leur European Tour. Ou comment très très bien commencer l’année musicale 2016.

Après le concert des Inrocks 2012 et le Festival Days Off en 2014,  le groupe Daughter revient seul cette fois, le temps d’une soirée pluvieusement parisienne, pour nous offrir un concert de toute beauté.

On vous parlait de la sortie imminente de leur nouvel album y a de ça 20 jours ; vient maintenant le temps des cathédrales de la review dudit concert. Et s’il n’y a qu’une chose à retenir, c’est que Elena, Igor et Rémi se bonifient au fil des années.

Ce concert, on l’a eu par pur hasard. Un de ces quatre matin on s’est dit « tiens on a jamais vu Daughter en live, et pourtant ils roxx, quand est-ce qu’ils viennent ? » Forcément, aussitôt dit, aussitôt regardé ; aussitôt trouvées, aussitôt prises ! Les places sont parties à la vitesse d’un Rondoudou sous crystal meth, et bien qu’on soit arrivé sur place à 19h50 (pour un début à 20h), nous nous sommes retrouvées confortablement installées en bord de scène côté jardin pour pas changer (à gauche quoi).

Première partie ? Le magique John Joseph Brill, qui nous a fait passer un très agréable moment avant de laisser la place au main event, mais si tu veux en savoir plus j’en parle => .

Et quand enfin vient le tour de notre trio de torturés, la magie opère. La voix d’Elena nous transperce, tandis que les percus de Rémi et  la guitare d’Igor nous emportent dans leur univers. Daughter, toujours aussi triste ? Pas forcément. Le nouvel album sorti le 15 janvier dernier est toujours aussi dur et sombre. Les paroles sont résolument plus fortes et les morceaux plus adultes, et un peu je-m’en-foutiste, malgré les sujets graves qu’ils abordent (exemple, juste pour te mettre mal ? la mort, la trahison, le manque, la solitude et l’Alzheimer. Ô joie.)

Alors qu’avant on avait des YouthSmother, et des Human, emplis de regrets et de phrases apologétiques, NTD est plus intransigeant. Et quelque part, presque plus rock. En tout cas, les morceaux sont bien plus affirmés, et bien moins conciliants que sur le précédent opus.

« I hate sleeping with you / Cause you are never there […] You and I were once friends / Now you’re only an acquaintance » chante Elena dans Alone / With You, ou encore « I don’t care, I don’t care anymore / I don’t care, I don’t care  / Oh, there has only been one time where we fucked  / And I felt like a bad memory » dans No Care, tellement loin de la fille fragile du titre Candles.
(Traduction injuste : je hais dormir/coucher avec toi, car tu n’es jamais là […] Toi et moi étions amis jadis, maintenant tu n’es plus qu’une connaissance »
et « je m’en fous, je m’en fous maintenant, oh, il y a bien cette fois ou on a niqué, et ça me laisse le gout d’un mauvais souvenir »)

En bref, Daughter grandit, et la frontwoman, comme ses collègues, laisse libre court à son imagination mais aussi à sa part plus ténébreuse et moins mélancolique, mais toujours dans le puissant, dans le vrai, dans le vécu brutal et injuste. Et en live ? ca claque, tout simplement. Le travail en amont est remarquable, la voix d’Elena prodigieuse, même les morceaux les plus connus sont repris et twistés, de sorte qu’ils paraissent encore plus beaux en live qu’en studio. Le concert s’articule aisément autour des deux albums, afin de plaire aux anciens, et de promouvoir le nouveau. Impeccable et rien à redire.

L’instant Kartofell touchant : quand Elena craque à la dernière chanson et qu’elle n’arrive plus à chanter la dernière partie du titre ‘Fossa’, elle s’excuse à base de haussement des épaules et petits gloussements gênés parce que tu vois, c’est embarrassant.

Petite galerie (dont la setlist annotée, courtesy of @BeggarsFrance – Instagram) :

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